Articles avec le tag ‘années 1960’
Bonjour à toutes et à tous.
Cette semaine, un article sur la naissance de la minijupe en tant que symbole.
Les années 1960 sont, en Europe, des années de contestation et de nouvelle relance économique.
La culture et la mode des jeunes baby boomers se sont développées plus que jamais auparavant. C’est une période de changement des statuts sociaux et de remise en question dans de nombreux domaines.
Plusieurs mouvements de jeunes tels que les Mods (abréviation des Moderns), apparus aux débuts des années 1960, s’expriment dans les rues aussi bien avec la musique ou la peinture qu’avec leurs tenues vestimentaires. La minijupe est alors un symbole qui tourne le dos à la mode sage et guindée des années 1950.
La société commence son évolution vers son désir d’égalité des sexes. La top model Twiggy personnifie cette époque et défile en minijupe pour Mary Quant. Son corps d’adolescente à la silhouette filiforme, la raie sur le côté à la garçonne et son jeune âge firent de Londres un haut-lieu de la mode.
Sa visite au Japon en 1967 y aura pour conséquence un engouement extraordinaire pour la minijupe.
Dans les années 1960, porter la minijupe était un signe radical de résistance face aux adultes
explique le sémiologue de la mode Alberto Cantoni.
Toutefois, le spécialiste prévient que
si aujourd’hui on la trouve dans tous les placards des femmes et qu’elle a pris une connotation de séduction douce, elle n’est pas innocente pour autant
Près de 50 ans après les débats lancés par Mary Quant, la minijupe est toutefois devenue un « basique de la mode », porté à la fois par des jeunes mais aussi par des femmes telles que l’actrice Sophia Bush, l’actrice et chanteuse américaine Lindsay Lohan « grande adepte de la minijupe » ou encore Sarah Palin, la candidate pour la Vice-présidence américaine, qui portait une minijupe d’à peine 30 cm de hauteur, lors de son discours du 11 septembre 2008.
Au 21ème siècle, le port de la minijupe continue à être revendiqué par les féministes malgré les difficultés :
se promener en minijupe expose à toutes sortes de désagréments, sifflets, commentaires lourdingues, insultes, voire attouchements… Toutes sortes de violences, symboliques, verbales ou physiques contre lesquelles Ni putes ni soumises se bat, aidée en cela par Canal +, qui a ouvert, le 1er février 2005, ses programmes à l’association
A tous les mecs qui font ça : arrêtez d’être cons ! Séduisez les femmes (sans être lourds) plutôt que de les embêter parce qu’elles portent une minijupe. Ca sera beaucoup plus positif pour tout le monde.
Dans le prochain article, je parlerai de la minijupe en tant que symbole menacé (eh oui, nous sommes là dans une étape du blog où je rentre dans des sujets un peu plus « graves »).
A bientôt. N’hésitez pas à me laisser un petit message.
Guillaume de infojupes.info
Dans cet article, nous allons parler de la minijupe au Québec durant les années 1960.
Au Québec, durant les années 1960, quelques garçons ont tenté de lancer la mode des minijupes masculines, à l’aval de la mode alors naissante des pantalons pour femmes. Les principaux représentants de ce courant éphémère appartenaient principalement à la scène musicale québécoise.
On remarquera notamment les membres du groupe « César et les Romains » qui portaient une sorte de minijupe romaine, ou encore Georges Marchand, le batteur du groupe québécois « Les Sinners » qui portait parfois une minijupe féminine.
Les paroles du succès radiophonique « Un Garçon en Mini-jupe » lancé en 1967 par l’auteure-compositrice-interprète québécoise Karo illustrent bien l’esprit de l’époque, qui rejette cette tendance nouvelle : « je l’ai vue, qu’est-ce que c’est, c’est inconnu, un garçon en minijupe, oui un gars en minijupe ! C’était foudroyant, ah oui c’était criant, [...] son bel habit, modernisé. C’est fou, c’est incroyable, c’est le bout, c’est pitoyable ! »
La mode des minijupes masculines reste encore marginalisée au Québec à ce jour.
Dans cet article, je vais parler de la minijupe dans les années 1960 (partie 2).
Contrairement à André Courrèges, Mary Quant propose une ligne de vêtements plus populaire. À la fois bon marché, futuristes et pratiques, ses collections Chelsea look connaîtront très vite un grand succès ; la minijupe est l’élément phare de ces collections.
Très vite, elle lui associe des bottes à laçage croisé pour la femme sexuellement libérée. On assiste parallèlement à la naissance des modèles de confection en série (le prêt-à-porter), qui sont destinés à habiller les femmes avec élégance et à prix modérés. Les adolescentes s’approprient ainsi ces minijupes aux couleurs hardies et claires, devenues un véritable symbole de libération de la femme dans un contexte de prospérité économique qui favorise la transgression des normes sociales. La minijupe devient alors l’un des porte-parole de l’évolution des mœurs pour les jeunes femmes et fait scandale dans certains milieux conservateurs.
Déjà en 1964, Noëlle Noblecourt, présentatrice de l’émission de télévision Télé Dimanche avait été officiellement licenciée de l’ORTF pour avoir montré ses genoux à l’écran, mais interviewée par Vincent Perrot une trentaine d’années après, elle affirme avoir été renvoyée pour avoir refusé les avances de Raymond Marcillac, directeur de l’information de TF1.
Coco Chanel s’oppose violemment à l’arrivée de la minijupe tandis que « Christian Dior considère le genou comme la partie la plus laide du corps ».
Quant au ministre de l’Éducation nationale, Christian Fouchet, il la juge « déplacée dans les lycées ». Cela n’empêche pas de nombreuses personnalités, telles Sylvie Vartan, Twiggy, Françoise Hardy, Catherine Deneuve ou Brigitte Bardot de s’habiller en minijupe, tandis que les Américaines Joan Baez ou Janis Joplin par exemple, encore plus anticonformistes osaient le pantalon jean en denim.
Mary Quant avoue avec élégance : « Ni moi, ni Courrèges n’avons eu l’idée de la minijupe. C’est la rue qui l’a inventée ». En effet, « pour la première fois, la mode vient de la rue, de Kings Road et de Carnaby Street : minijupe, imperméable court en vinyle, pull moulant, rouge à lèvres pâle et faux cils ».
À partir de 1965, le raccourcissement des jupes prend véritablement la dimension d’un phénomène de mode qui ne va cesser de croître dans les années suivantes. L’importance de ce phénomène entraîne la vogue du mot « mini » lui-même, mot dont le chanteur Jacques Dutronc fera un « tube » en 1966 : Mini, Mini, Mini.
Pas moins de 200.000 minijupes sont vendues en France en 1966. À la fin des années 1960, « l’émancipation lycéenne [...] passe par les cheveux longs pour les garçons et la minijupe pour les filles ».
En 1969, le photographe de mode Berry Berenson photographie sa sœur, Marisa Berenson, mannequin et future actrice, dans une rue passante, vêtue d’une minijupe d’Yves Saint Laurent. Cette image devient le symbole graphique de l’esprit de liberté omniprésent dans la mode des années 1960.
Fin 1969, Roland Barthes écrit dans le magazine Marie-Claire : « Ce n’est pas un raccourcissement mais une construction parfaite ».
